Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/87

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— Mais qu’ont-ils donc fait ? — demanda la comtesse.

— Ce sont de vrais brigands, surtout Dolokhov — dit la visiteuse. — C’est le fils de Maria Ivanovna Dolokhova, une dame si respectable, et voilà ! Pourriez-vous imaginer, à eux trois, ils ont pris quelque part un ours, l’ont mis avec eux en voiture et sont allés chez des actrices. La police est arrivée pour les calmer. Ils ont attrapé le policier, l’ont lié dos à dos avec l’ours, et ils ont jeté l’ours dans la Moïka : l’ours nage, et l’inspecteur de police est sur lui.

Ma chère, elle devait être bien la figure du policier, — cria le comte en se tordant de rire.

— Ah ! quelle horreur ! De quoi riez-vous ici, comte ?

Mais les dames riaient malgré elles.

— À peine a-t-on réussi à sauver ce malheureux — continua la visiteuse. — Et c’est le fils du prince Kiril Vladimirovitch Bezoukhov, qui s’amuse si intelligemment ! — ajouta-t-elle. — Et on a dit qu’il était si bien élevé, si intelligent. Voilà où l’a mené l’éducation à l’étranger. J’espère qu’ici personne ne le recevra malgré toute sa fortune. On a voulu me le présenter ; j’ai refusé absolument, j’ai des filles.

— Pourquoi dites-vous que ce jeune homme est si riche ? — interrogea la comtesse en jetant un regard du côté des jeunes filles, qui aussitôt fei-