Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/88

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gnirent de ne pas écouter. — Il n’a que des enfants naturels. Il semble… que Pierre est aussi un enfant naturel.

La visiteuse fit un geste de la main. — Je crois qu’il a vingt enfants naturels.

La princesse Anna Mikhaïlovna prenait part à la conversation, désirant, visiblement, montrer ses relations et son savoir de toutes les choses mondaines.

— Voici de quoi il s’agit, — fit-elle gravement, mais en chuchotant à demi. — La réputation du comte Kiril Vladimirovitch est connue… Il ne sait plus le nombre de ses enfants, mais ce Pierre était son favori.

— Comme le vieux était beau encore, l’année dernière ! — dit la comtesse ; — Je n’ai jamais vu d’homme plus beau.

— Maintenant il est bien changé, — fit Anna Mikhaïlovna. — Alors, voici ce que je voulais dire — continua-t-elle : — par sa femme, le prince Vassili est l’héritier direct de tous les biens, mais le père aimait beaucoup Pierre, il s’est occupé de son éducation, et il a écrit à l’empereur… de sorte que personne ne sait qui, à sa mort (il est si malade qu’on l’attend d’un moment à l’autre et Lorrain est arrivé de Pétersbourg), aura cette énorme fortune, Pierre ou le prince Vassili. Quatre mille âmes et des millions. Je le sais très bien, parce que le prince Vassili, lui-même, me l’a dit. Et