Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/95

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IX

Sans compter la fille aînée de la comtesse (qui avait quatre ans de plus que sa cadette et se considérait comme une grande personne), et la fille de la visiteuse, parmi la jeunesse seuls Nicolas et la nièce Sonia restaient au salon. Sonia était une petite brune, fluette, au regard doux ombragé de longs cils ; une grosse tresse noire entourait deux fois sa tête, et la peau de son visage, surtout celle du cou et des bras nus, maigres mais gracieux et musclés, était jaunâtre. Par l’harmonie de ses mouvements, la finesse et la grâce de ses membres, et par ses manières un peu artificielles et retenues, elle rappelait un joli petit minet, pas encore formé, mais qui deviendra une charmante chatte. Évidemment elle croyait convenable de montrer par son sourire qu’elle prenait part à la conversation commune, mais malgré elle, ses yeux, au-dessous des cils longs, épais, regardaient le cou-