Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/110

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ligne de devant, sur le flanc droit, était le régiment de Pavlograd) ; les régiments de l’armée et de la garde venant de Russie, et l’armée autrichienne. Mais tous étaient dans une même ligne, sous le même commandement et dans le même ordre.

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! » Ce chuchotement ému glissa comme le vent sur les feuilles. Des voix effrayées se firent entendre et l’inquiétude des derniers préparatifs parcourut toutes les troupes.

Un groupe qui s’avançait, s’aperçut devant Olmütz, et en même temps, bien que l’air fût calme, un vent léger parcourut l’armée en inclinant à peine les flammes des lances et les drapeaux flottants qui se balançaient à leurs hampes. L’armée elle-même semblait exprimer par ce mouvement léger, sa joie de l’approche des Empereurs. On entendit une voix : fixe !

Ensuite, comme le chant du coq à l’aube, des voix le répétèrent en divers endroits. Et tout devint calme.

Dans le silence de mort on n’entendait que le piétinement des chevaux. C’était la suite des Empereurs. Les Empereurs s’approchèrent du front, et les sons des trompettes du 1er régiment de cavalerie jouant la marche générale, éclatèrent. On eût dit que l’armée tout entière, et non les trompettes, en se réjouissant de l’approche des Empereurs, émettait ces sons.

À travers eux on percevait nettement la voix