Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/141

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Majesté, et qui, à son regret, n’a reçu de moi aucun titre. Voilà l’homme qu’il est, pas plus, répondit Dolgoroukov en regardant Bilibine avec un sourire.

— Malgré mon profond respect pour le vieux Koutouzov, — continua-t-il, — nous serions bien bons d’attendre pour lui donner ainsi l’occasion de s’en aller et de nous tromper, tandis que maintenant, il est sûrement entre nos mains. Mais il ne faut pas oublier Souvorov et sa règle : ne pas se placer dans la situation de l’attaqué, mais attaquer soi-même. Croyez-moi, à la guerre, l’énergie des jeunes gens est souvent un meilleur guide que toute l’expérience des vieux tacticiens.

— Mais dans quelle position l’attaquerons-nous ? Je suis allé aujourd’hui aux avant-postes, et personne ne peut dire au juste où se trouvent ses forces principales ! — dit le prince André.

Il avait envie de raconter à Dolgoroukov le plan d’attaque qu’il avait imaginé.

— Bah ! ça m’est tout à fait égal ! — se mit à dire Dolgoroukov, très vite, en se levant et dépliant une carte sur la table ; — tous les cas sont prévus : s’il est près de Brün…

Et le prince Dolgoroukov, vite mais peu clairement, expliquait le mouvement de flanc de Veyroter.

Le prince André éleva des objections et exposa son plan, qui pouvait être aussi bon que celui de