Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/151

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notre attaque, — dit Langeron avec un sourire ironique en regardant de nouveau, pour obtenir son appui, Miloradovitch qui était le plus près de lui. Mais évidemment, à ce moment Miloradovitch ne pensait guère à ce que discutaient les généraux.

Ma foi, — dit-il, — demain nous verrons tout au champ de bataille.

Veyroter sourit de nouveau de ce sourire qui voulait exprimer qu’il trouvait ridicule et étrange de rencontrer des objections de la part des généraux russes, et de prouver ce dont, non seulement lui-même, mais les deux empereurs, étaient absolument convaincus.

— L’ennemi a éteint les feux et on entend un bruit ininterrompu dans son camp, dit-il. Que signifie cela ? Ou il s’en va, et c’est la seule chose que nous devions craindre, ou il change de position (il sourit). Mais même, s’il occupait Thurass, il nous éviterait seulement beaucoup de peines, et toutes les dispositions, jusqu’aux moindres détails, resteraient les mêmes.

— Comment cela ? dit le prince André qui attendait depuis longtemps l’occasion d’exprimer ses doutes.

Koutouzov s’éveilla, toussota et regarda les généraux.

— Messieurs, la disposition prise ne peut être changée ni demain, ni même aujourd’hui (parce