Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/163

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comme lui par les coups, et montait au pas. « Eh bien, encore, encore, encore ! » disait en son âme une voix joyeuse.

Mais il n’y avait plus de coups de fusil. Seulement en s’approchant de Bagration, Rostov lança son cheval au galop et la main à la visière, il l’aborda.

Dolgoroukov insistait toujours sur son opinion que les Français reculaient et n’avaient allumé des feux que pour nous tromper.

— Qu’est-ce que cela prouve ? disait-il, pendant que Rostov s’approchait d’eux. Ils ont pu reculer et laisser le piquet.

— Évidemment tous ne sont pas encore partis, prince. À demain matin, demain nous saurons tout, dit Bagration.

— Votre Excellence, le piquet est toujours sur la colline, au même endroit que ce soir, — rapporta Rostov en s’inclinant et tenant la main à la visière ; il n’avait pas la force de retenir le sourire joyeux excité par cette course et principalement par le son des balles.

— Bien, bien, je vous remercie, monsieur l’officier, — dit Bagration.

— Votre Excellence, permettez-moi de vous adresser une demande !

— Qu’y a-t-il ?

— Demain, notre escadron est destiné aux réserves, permettez-moi de vous demander de m’attacher au premier escadron.