Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/171

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— Ta, fa, la, fa ! Qu’est-ce qu’il chante ? On ne comprend pas, — dit un soldat en désignant le général qui passait plus loin. — Je les fusillerais, les lâches !

— On donne l’ordre d’être sur les lieux à neuf heures, et nous ne sommes pas encore à moitié chemin. Quels ordres ! — répétait-on de tous côtés. Et l’énergie qu’avaient les troupes en sortant commençait à se transformer en dépit et en colère contre les ordres ineptes et contre les Allemands.

La cause de la confusion était en effet celle-ci : pendant le mouvement de la cavalerie autrichienne qui marchait au flanc gauche, l’autorité supérieure, trouvant notre centre trop éloigné du flanc droit, avait ordonné à toute la cavalerie de passer à droite. Quelques mille cavaliers passaient devant l’infanterie, et celle-ci devait attendre.

Là, une discussion se produisit entre le chef de la colonne autrichienne et le général russe. Le général russe criait en demandant que la cavalerie s’arrêtât, l’Autrichien démontrait que ce n’était pas lui le coupable, mais l’autorité supérieure.

En attendant, les troupes se tenaient debout, s’ennuyaient et se fatiguaient. Après une heure d’arrêt, les troupes, enfin, continuèrent leur marche et descendirent la colline. Le brouillard répandu sur la colline devenait plus épais en bas où descendaient les troupes. En avant, dans le brouillard des coups éclatèrent, d’abord irréguliè-