Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/227

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Rostov, quand le traîneau était encore à trois maisons du perron. Il lui semblait que les chevaux n’avançaient pas. Enfin le traîneau prit à droite, vers le perron. Rostov aperçut, au-dessus de sa tête, la corniche qu’il connaissait si bien avec le plâtre ébréché, le perron, le réverbère sur le trottoir. Il bondit du traîneau en marche et courut dans le vestibule. La maison était immobile, inhospitalière, comme si l’on ne s’intéressait pas du tout aux visiteurs. Dans le vestibule, il n’y avait personne. « Mon Dieu, tout va-t-il bien ? » pensa Rostov ; et, avec un serrement de cœur, après une pause d’un moment, il s’élança plus loin, traversa le vestibule et ensuite les marches usées qu’il connaissait si bien. Toujours le même bouton de la porte, pour le nettoyage duquel se fâchait la comtesse, et elle s’ouvrait doucement comme toujours. Une seule chandelle éclairait l’antichambre.

Le vieux Mikhaïlo dormait sur une banquette. Prokofi, le valet de pied, celui qui était si fort qu’il soulevait la voiture par l’arrière-train, était assis et tressait des chaussons de lisière de drap. Il regarda la porte qui s’ouvrait et son air indifférent et endormi se transforma soudain en un enthousiasme effrayé.

— Mes aïeux ! Le jeune comte ! exclama-t-il en reconnaissant le jeune seigneur. — Qu’y a-t-il donc ! Mon chéri ! Et Prokofi, tremblant d’émotion, se jeta vers la porte du salon, probablement pour