Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/251

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hasard, principalement des jeunes gens, parmi lesquels Denissov, Rostov et Dolokhov, de nouveau promu officier du régiment Séménovsky. Sur les visages des jeunes gens, surtout des militaires, se voyait seulement une expression de respect dédaigneux envers les vieillards, qui semblait dire à la vieille génération : « Oui, nous voulons bien vous respecter et vous estimer, mais n’oubliez pas cependant que l’avenir c’est nous. »

Nesvitzkï se trouvait là en qualité d’ancien membre du club. Pierre, qui sur l’ordre de sa femme laissait pousser ses cheveux, ne portait plus de lunettes et s’habillait à la mode, marchait dans les salons l’air honteux et triste. Comme partout, il était entouré d’une foule de gens qui s’inclinaient devant sa fortune, et lui, se tenait envers eux avec le mépris distrait et l’habitude de dominer.

Par l’âge, il devait être avec les jeunes, mais par la fortune et la position, il était membre du cercle des anciens, des vieux hôtes honorables. C’est pour cette raison qu’il passait d’un groupe à l’autre. Quelques vieillards des plus importants formaient le centre des groupes desquels s’approchaient respectueusement même des inconnus afin d’écouter les hommes connus. Les plus grands groupes avaient pour centre le comte Rostopchine, Valouiev et Narischkine. Rostopchine racontait que les Russes avaient été piétinés par les Autri-