Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/321

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sur le jeu… Les sots seuls jouent au hasard. Il faut jouer sûr, et je veux essayer.

— « Essayer au hasard ou au certain ? » pensa Rostov.

— Et il vaut mieux que tu ne joues pas. La banque, messieurs ! ajouta-t-il en faisant claquer la taille ouverte.

Poussant l’argent en avant, Dolokhov se préparait à tenir la banque. Rostov s’assit près de lui. Tout d’abord il ne joua pas. Dolokhov le regardait.

— Pourquoi ne joues-tu pas ? dit Dolokhov.

Chose étrange, Nicolas sentait la nécessité de prendre une carte, la nécessité de mettre une somme insignifiante et de commencer le jeu.

— Je n’ai pas d’argent sur moi, dit Rostov.

— Je te ferai crédit.

Rostov mit cinq roubles sur une carte et perdit. Il mit de nouveau et perdit une seconde fois.

Dolokhov avait tué, c’est-à-dire gagné, dix cartes de suite à Rostov.

— Messieurs, dit-il, un moment après qu’il tenait la banque, je vous prie de mettre l’argent sur les cartes, autrement je pourrais me tromper dans les comptes.

Un des joueurs objecte qu’il croit qu’on peut se fier à lui.

— Se fier, on peut, mais j’ai peur de m’embrouiller. Je vous prie de mettre l’argent sur les