Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/324

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des mains de Dolokhov. Ces mains, larges, rouges, avec des poils qu’on apercevait sous la manchette, posèrent la taille et prirent le verre et la pipe qu’on leur tendait.

— Alors, tu n’as pas peur de jouer avec moi, répéta Dolokhov ; et, comme s’il allait raconter une histoire plaisante, il posa les cartes, se rejeta dans sa chaise, et lentement, avec un sourire, se mit à parler.

— Oui, messieurs, on m’a dit qu’à Moscou le bruit court que je suis un grec, c’est pourquoi je vous conseille d’être prudents avec moi.

— Eh bien ! tiens donc la banque ! dit Rostov.

— Oh ! ces commérages de Moscou ! prononça Dolokhov avec un sourire ; et il prit les cartes.

— Ah ! faillit crier Rostov en portant les deux mains à ses cheveux. Le sept qu’il lui fallait était en dessus, la première de la taille. Il avait perdu plus qu’il ne pouvait payer.

— Cependant, ne t’enfonce pas, dit Dolokhov en regardant furtivement Rostov et continuant de tenir la banque.