Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/373

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


se pencha et releva la jambe gauche du pantalon au-dessus du genou. Pierre voulait se presser d’ôter sa bottine de droite et de relever le pantalon afin de débarrasser de ce travail cette personne qu’il ne connaissait pas. Mais le maçon lui dit que ce n’était pas nécessaire et lui donna une pantoufle pour le pied gauche.

Un sourire enfantin de gêne, de doute, de moquerie de soi-même, parut, malgré Pierre, sur son visage. Bras ballants, jambes écartées, il se tenait devant le rhéteur en attendant de nouveaux ordres.

— Enfin, en signe de sincérité, je vous demande de me révéler votre principale faiblesse, dit-il.

— Ma faiblesse ? j’en avais tant, répondit Pierre.

— La faiblesse qui, plus que toute autre, vous faisait hésiter dans la voie de la vertu ? dit le maçon.

Pierre se tut et chercha.

« Le vin ? La gourmandise ? L’oisiveté ? La paresse ? L’emportement ? La colère ? Les femmes ? » Il réfléchissait mais ne savait que décider.

— Les femmes, fit-il enfin d’une voix à peine perceptible.

Le maçon restait immobile, et, après cette réponse, il fut longtemps sans parler. Enfin il s’approcha de Pierre, prit le mouchoir qui était sur la table, et, de nouveau, lui banda les yeux.

— Je vous dis pour la dernière fois : fixez toute