Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/395

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Anna Pavlovna fronça les sourcils. Mortemart, l’ami d’Hippolyte, s’adressa à lui résolument.

Voyons, à qui en avez-vous avec votre roi de Prusse ?

Hippolyte rit comme s’il avait honte de son rire.

Non, ce n’est rien, je voulais dire seulement… (il avait l’intention de répéter la plaisanterie entendue à Vienne et que, pendant toute cette soirée, il voulait placer). — Je voulais dire seulement que nous avons tort de faire la guerre pour le roi de Prusse.

Boris, en attendant comment cette plaisanterie serait acceptée, sourit prudemment, si bien que ce sourire pouvait se prendre pour une moquerie ou une approbation de cette plaisanterie. Tous se mirent à rire.

Il est très mauvais, votre jeu de mots, très spirituel, mais injuste. Nous ne faisons pas la guerre pour le roi de Prusse, mais pour les bons principes. Ah ! le méchant, ce prince Hippolyte ! dit Anna Pavlovna en le menaçant de son petit doigt.

De toute la soirée, la conversation ne tarissait pas, et roulait principalement sur les nouvelles politiques. À la fin de la soirée, elle s’anima particulièrement quand on se mit à parler des récompenses données par l’empereur.

— N. N. a reçu l’année dernière la tabatière à portrait, pourquoi donc S. S. ne pourrait-il rece-