Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/410

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campagne, au vieillard qui a déjà perdu sa gloire parce qu’il n’a pu accomplir le grand et glorieux sort pour lequel il était choisi. J’attends votre auguste autorisation, ici, à l’hôpital, pour ne pas jouer près de l’armée le rôle de scribe au lieu de celui de commandant. Ma retraite de l’armée ne fera pas plus de bruit que si un aveugle la quittait. En Russie il y en a des milliers comme moi. »

« Le maréchal se fâche contre l’empereur et nous punit tous, N’est-ce pas que c’est logique !

« Voila le premier acte. Aux suivants l’intérêt et le ridicule montent, comme de raison. Après le départ du maréchal il se trouve que nous sommes en vue de l’ennemi, et qu’il faut livrer bataille. Boukshevden est général en chef par droit d’ancienneté, mais le général Benigsen n’est pas de cet avis ; d’autant plus qu’il est, lui, avec son corps en vue de l’ennemi, et qu’il veut profiter de l’occasion d’une bataille « auf eigene Hand » comme disent les Allemands. Il la donne. C’est la bataille de Poultoüsk qui est censée être une grande victoire, mais qui, à mon avis, ne l’est pas du tout. Nous autres pékins, avons, comme vous savez, une très vilaine habitude de décider du gain ou de la perte d’une bataille. Celui qui s’est retiré après la bataille, l’a perdue, voilà ce que nous disons et, à ce titre, nous avons perdu la bataille de Poultoüsk. Bref, nous nous retirons après la bataille, mais nous envoyons un courrier