Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/418

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faisance. On envoyait à la comtesse près de cent cinquante mille roubles, et pour les dettes près de soixante-dix mille roubles d’intérêts ; la construction d’une église commencée avait coûté, en ces deux ans, près de dix mille roubles ; le reste, environ cent mille roubles, était dépensé, il ne savait même pas comment, et, presque chaque année, il était forcé d’emprunter. En outre, chaque année, l’intendant en chef écrivait soit à propos d’un incendie, soit sur une disette, soit sur la nécessité de faire reconstruire des bâtiments, des usines, de sorte que la première tâche qui incomba à Pierre fut celle pour quoi il avait le moins de capacité et de goût, celle des affaires.

Pierre travaillait chaque jour avec son intendant en chef, mais il sentait que son travail n’avançait pas du tout les affaires. Il sentait que ses occupations passaient à côté des affaires et ne les faisaient pas avancer. D’un côté l’intendant en chef exposait la situation sous le plus mauvais jour, en montrant à Pierre la nécessité de payer les dettes et d’entreprendre de nouveaux travaux avec les serfs, à quoi Pierre ne consentait pas ; d’un autre côté Pierre exigeait le commencement de l’émancipation, contre quoi l’intendant exposait la nécessité péremptoire de payer les dettes du Conseil de tutelle et, par suite, l’impossibilité de la prompte réalisation de ce désir.

L’intendant ne disait pas que c’était tout à fait