Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/419

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impossible, il proposait, pour atteindre ce but, la vente des forêts de la province de Kostroma, celles de terres sises au bord du Volga et du domaine de Crimée. Mais, toutes ces opérations, dans la bouche de l’intendant étaient liées à un si grand nombre de procès, de délibérations, d’hypothèques, de demandes d’autorisation, etc., que Pierre s’y perdait et se contentait de dire : « Oui, oui, faites cela. »

Pierre n’avait pas ce tact pratique qui lui eût permis de se mettre seul à la besogne, c’est pourquoi il n’aimait pas ces occupations et feignait seulement de s’y intéresser devant l’intendant, et l’intendant tâchait de feindre qu’il croyait ces occupations utiles pour les maître et très gênantes pour soi…

Dans la grande ville se trouvèrent des connaissances, et des inconnus se pressaient pour se mettre en relation avec le richard nouvellement arrivé, le plus riche propriétaire de la province. Les tentations touchant la faiblesse principale de Pierre, celle qu’il avait avouée pendant son acceptation à la loge, étaient si fortes que Pierre ne pouvait s’en abstenir.

De nouveau, les journées, les semaines, les mois de la vie de Pierre passaient dans les mêmes soucis et étaient remplis par les soirées, les dîners, les déjeuners, les bals, qui, comme à Pétersbourg, ne lui laissaient pas le temps de se ressaisir. Au