Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/51

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fanés et tombants. Dans cette toilette qu’elle portait ordinairement dans la société de Pétersbourg, on remarquait encore plus combien elle avait enlaidi. La toilette de mademoiselle Bourienne, avait été aussi l’objet d’un perfectionnement discret qui donnait encore plus d’attrait à son visage joli et frais.

Eh bien, et vous restez comme vous êtes, chère princesse. — dit-elle. — On va venir annoncer que ces messieurs sont au salon ; il faudra descendre, et vous ne faites pas un petit brin de toilette !

La petite princesse se leva de sa chaise, sonna la femme de chambre et, à la hâte, gaiement, commença à combiner et à préparer une toilette pour la princesse Marie.

La princesse Marie se sentait blessée dans sa propre dignité de ce fait que l’arrivée du fiancé annoncé l’émotionnait, et elle l’était encore davantage parce que ses deux amies supposaient qu’il n’en pouvait être autrement. Leur dire combien elle avait honte pour soi et pour elles c’était trahir son émotion, en outre, refuser de faire la toilette qu’on lui conseillait, exciterait de longues et instantes plaisanteries. Elle s’enflammait, ses beaux yeux s’éteignaient, son visage se couvrait de taches, prenait cette expression disgracieuse qui lui était coutumière, et elle s’abandonna aux mains de mademoiselle Bourienne et de Lise. Les deux femmes songeaient, tout franchement, à la