Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/53

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les plis de la jupe, lissant l’écharpe par-ci, par-là, et regardait en penchant la tête, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

— Non, c’est impossible, dit-elle résolument en tapant des mains. — Non, Marie, décidément ça ne vous va pas. Je vous aime mieux dans votre petite robe grise de tous les jours. Non de grâce, faites cela pour moi. Katia, dit-elle à la femme de chambre, apporte la robe grise de la princesse, et vous verrez, mademoiselle Bourienne, comment j’arrangerai cela, dit-elle avec un sourire de plaisir artistique anticipé. Mais quand Katia apporta la robe demandée, la princesse Marie, toujours immobile devant le miroir, vit en s’y regardant que des larmes emplissaient ses yeux et que sa bouche tremblait, prête aux sanglots.

Voyons, chère princesse, encore un petit effort, — dit mademoiselle Bourienne.

La petite princesse prit la robe des mains de la femme de chambre et s’approcha de la princesse Marie.

— Non, maintenant nous ferons cela tout simplement et gentiment, dit-elle. Sa voix, celles de mademoiselle Bourienne et de Katia, qui riait de quelque chose, se confondaient en un gai gazouillis semblable à un chant d’oiseau.

Non, laissez-moi ! — dit la princesse. Sa voix contenait tant de gravité et de souffrance, que le gazouillis d’oiseaux se tut instantanément. Elle re-