Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/63

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— Eh bien ! Bonjour, bonjour, je suis content de vous voir.

— Pour un ami cher, sept verstes ne sont pas un détour, dit le prince Vassili, comme toujours rapidement, avec assurance et familiarité. — Voici mon cadet. Puis-je vous demander de l’aimer ?

Le prince Nicolas Andréiévitch regarda Anatole.

— Un beau garçon ! fit-il. Eh bien ! Viens m’embrasser ; et il lui tendit sa joue. Anatole embrassa le vieux et le regarda avec une curiosité tout à fait tranquille, attendant de lui une de ces originalités que lui avait promises son père.

Le prince Nicolas Andréiévitch s’assit à sa place habituelle, dans le coin du divan, approcha la chaise destinée au prince Vassili, et la lui désignant, se mit à l’interroger sur les affaires politiques et les nouvelles. Il semblait écouter avec attention le récit du prince Vassili, mais il ne cessait de regarder la princesse Marie.

— Alors on écrit déjà cela de Potsdam ? — fit-il répétant les dernières paroles du prince Vassili. En même temps il se leva soudain et s’approcha de sa fille.

— C’est à cause des hôtes que tu t’es parée ainsi, hein ? Belle, très belle. Pour les visiteurs tu t’es coiffée à merveille, et moi je te préviens, devant les visiteurs, de ne pas oser te parer sans ma permission.