Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/79

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main, paraissant ému au plus haut degré, était assis avec un sourire d’attente sur le visage ; comme s’il craignait lui-même pour sa sensibilité, il porta hâtivement la prise de tabac à son nez.

Ah ! ma bonne, ma bonne — dit-il en se levant et lui prenant les deux mains. Il soupira et continua :

Le sort de mon fils est en vos mains. Décidez, ma bonne, ma chère, ma douce Marie, que j’ai toujours aimée comme ma fille. Il s’éloigna. Une larme, en effet, se montrait dans ses yeux.

— Ff… ff… — renifla le prince Nicolas Andréiévitch.

— Le prince, au nom de son pupille… de son fils… te demande en mariage. Veux-tu, oui ou non être la femme du prince Anatole Kouraguine ? Dis oui ou non ? cria-t-il. Je me réserve le droit d’exprimer après mon opinion. Oui, mon opinion, et rien de plus, ajouta le prince Nicolas Andréiévitch en s’adressant au prince Vassili et en répondant à son expression anxieuse. — Oui ou non ?

— Mon désir, mon père, est de ne jamais vous quitter, de ne jamais séparer ma vie de la vôtre. Je ne veux pas me marier, — prononça-t-elle résolument en regardant de ses beaux yeux le prince Vassili et son père.

— Bêtise ! Bêtise ! Bêtise ! cria le prince Nicolas Andréiévitch en fronçant les sourcils. Il prit sa fille