Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/78

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rienne poussa un cri et s’enfuit. Anatole, avec un sourire aimable, salua la princesse Marie, comme s’il l’invitait à rire de ce cas étrange, et, en haussant les épaules, franchit la porte qui menait à ses appartements.

Une heure après, Tikhone vint appeler la princesse Marie. Il la pria de venir chez le vieux prince et ajouta que le prince Vassili Serguéitch était là. Quand Tikhone entra chez la princesse Marie, celle-ci était assise sur le divan de sa chambre et tenait dans ses bras mademoiselle Bourienne en larmes. Elle lui caressait doucement la tête. Les beaux yeux rayonnants et calmes de la princesse regardaient avec amour et compassion le joli visage de mademoiselle Bourienne.

Non princesse, je suis perdue pour toujours dans votre cœur, — disait mademoiselle Bourienne.

Pourquoi ? Je vous aime plus que jamais, et je tâcherai de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour votre bonheur, — répondit la princesse.

Mais vous me méprisez, vous si pure, vous ne comprendrez jamais cet égarement de la passion. Ah ! ce n’est que ma pauvre mère…

Je comprends tout, fit la princesse Marie en souriant tristement. — Calmez-vous, mon amie, je vais chez mon père. Et elle sortit.

Quand la princesse Marie entra, le prince Vassili, les jambes croisées haut, la tabatière à la