Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/167

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XXV

La santé et le caractère du prince Nicolas Andréiévitch Bolkonskï, pendant cette dernière année, depuis le départ du fils, s’étaient beaucoup affaiblis. Il était devenu encore plus irritable qu’auparavant et presque tous les emportements de sa colère sans cause retombaient sur la princesse Marie.

Il paraissait chercher avec soin tous ses points faibles pour la torturer le plus cruellement.

La princesse Marie avait deux passions et, par elles, deux joies : son neveu Nikolouchka et la religion ; et toutes les deux étaient les sujets favoris de la moquerie du prince. De quoi qu’on parlât, il amenait la conversation sur la superstition des vieilles filles ou les gâteries envers les enfants.

— Tu veux en faire une vieille fille comme toi. C’est en vain, le prince André a besoin d’un fils et pas d’une fille. — Ou il s’adressait à mademoiselle Bourienne et lui demandait, devant la princesse