Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/174

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XXVI

Au milieu de l’été, la princesse Marie reçut de Suisse une lettre du prince André, où il lui communiquait une nouvelle étrange, inattendue. Le prince André lui annonçait ses fiançailles avec la jeune Rostov. Toute cette lettre respirait l’enthousiasme amoureux pour sa fiancée et l’amitié tendre et confiante envers sa sœur. Il écrivait que jamais il n’avait aimé comme maintenant et que seulement maintenant il comprenait la vie. Il demandait à sa sœur de lui pardonner si à Lissia-Gorï il ne lui avait rien dit de cette décision bien qu’il en eût parlé à son père. Il ne le lui avait pas dit afin qu’elle ne se mît pas à intercéder auprès du père pour obtenir son consentement ; elle l’eût irrité sans atteindre le but et supporté tout le poids de son mécontentement. « Cependant, écrivait-il, la chose n’était pas encore si fermement résolue que maintenant, mon père me donna un