Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/324

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



V

Boris, ayant manqué un riche parti à Pétersbourg, était venu à Moscou dans l’intention d’en chercher un autre. À Moscou, il hésitait entre les deux plus riches héritières : Julie et la princesse Marie. Malgré sa laideur, la princesse Marie lui semblait plus sympathique que Julie, mais il se sentait gêné pour faire la cour à mademoiselle Bolkonskï. La dernière fois qu’il l’avait vue, le jour de la fête du vieux prince, à toutes ses tentatives de causerie, elle avait répondu distraitement et, évidemment, sans l’écouter. Julie, au contraire, bien que d’une manière particulière à elle, acceptait sa cour très volontiers.

Julie avait vingt-sept ans. Depuis la mort de ses frères, elle était devenue très riche. Elle était maintenant tout à fait laide, mais se croyait non seulement aussi jolie qu’auparavant, mais beaucoup plus attrayante. Elle était soutenue dans