Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/428

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Rostov, dont il était question en ville et si c’était vrai ?

Pierre répondit en souriant que c’était une plaisanterie, puisqu’à l’instant même il venait de chez les Rostov. Il demanda à tous s’ils avaient vu Anatole. Un monsieur lui dit qu’il n’était pas encore venu ; un autre, qu’il dînerait ici aujourd’hui. Il était étrange pour Pierre de regarder cette foule tranquille, indifférente, ces gens qui ne savaient pas ce qui se passait dans son âme. Il se promenait dans la salle, attendant que tous fussent arrivés, et, sans avoir rencontré Anatole, sans dîner, il partit à la maison.

Anatole qu’il cherchait avait dîné ce jour-là chez Dolokhov, et avait discuté avec lui comment réparer l’affaire manquée. Il lui semblait nécessaire de voir mademoiselle Rostov. Le soir, il était allé chez sa sœur, pour causer avec elle sur le moyen d’arranger un rendez-vous. Quand Pierre, qui avait parcouru sans résultat tout Moscou, entra à la maison, le valet de chambre lui annonça que le prince Anatole Vassiliévitch était chez la comtesse.

Le salon de la comtesse était plein d’invités. Pierre, sans saluer sa femme qu’il n’avait pas vue depuis son arrivée (en ce moment il la haïssait plus que jamais), entra au salon, aperçut Anatole, et se dirigea vers lui.

— Ah ! Pierre ! dit la comtesse en s’approchant