Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/49

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liant, il ne pouvait s’abstenir de participer aux plaisirs des célibataires.

Dans le pêle-mêle de ses occupations et de ses entraînements, Pierre, cependant, après une année, commença à sentir que le terrain de la maçonnerie où il se tenait, glissait sous ses pieds, et d’autant plus qu’il tâchait de s’y maintenir. En même temps, il sentait que plus le terrain s’enfoncait moins il pouvait s’en dégager.

Quand il était entré dans la maçonnerie, il avait éprouvé le sentiment d’un homme qui pose un pied confiant sur la surface unie d’une mare. Le pied posé, il s’enfonce. Pour se convaincre complètement de la solidité du terrain où il se trouvait, il y posait l’autre pied et enfonçait encore plus, et déjà, malgré lui, il marchait jusqu’aux genoux dans la mare.

Joseph Alexéiévitch n’était pas à Pétersbourg. (Ces derniers temps, il s’était éloigné des loges de Pétersbourg et vivait constamment à Moscou.)

Il était difficile à Pierre de ne voir que des frères dans tous les membres de la loge qu’il rencontrait dans le monde, pas plus le prince B…, qu’Ivan Vassiliévitch D…, qu’il connaissait comme des hommes faibles et nuls. Au-dessous des tabliers et des signes maçonniques, il voyait sur eux les uniformes et les décorations qu’ils recherchaient dans la vie. Souvent, en faisant la quête et comptant vingt, trente roubles inscrits aux re-