Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/122

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les harnais, et comment tous ceux-ci se couvraient d’écume jusqu’à la queue du cheval. Je me mis à regarder tout autour : les champs ondoyants d’orge mûr, la jachère sombre dans laquelle on apercevait une charrue, un paysan, un cheval avec son poulain. Je regardais les poteaux des verstes, et même le siège pour voir quel postillon nous conduisait ; et mon visage n’était pas encore sec de larmes que mes pensées étaient déjà loin de la mère dont je me séparais peut-être pour toujours. Mais chaque souvenir ramenait ma pensée vers elle. Je me rappelais le champignon trouvé la veille, dans l’allée de bouleaux, et comment Lubotchka et Katenka s’étaient disputées à qui le cueillerait, et leurs larmes en nous disant adieu.

Elles me faisaient peine, et Natalia Savichna aussi, et l’allée de bouleaux, et Foka ! Même la méchante Mimi me faisait peine, tout, tout me faisait peine ! « Et pauvre maman ? » Et de nouveau des larmes remplirent mes yeux, mais pas pour longtemps.