Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/123

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XV


L’ENFANCE


Heureuse, heureuse époque de l’enfance à jamais disparue ! Comment ne pas l’aimer, comment ne pas en caresser le souvenir ? Ce souvenir a rafraîchi, réconforté mon âme et a été la source de mes meilleures joies.

Après avoir couru jusqu’à la lassitude, je venais m’asseoir devant la table à thé, dans ma haute chaise d’enfant ; il était déjà tard, depuis longtemps déjà j’avais bu ma tasse de lait sucré ; le sommeil ferme mes paupières, mais je ne bouge pas de ma place, je reste assis, et j’écoute. Et comment ne pas écouter ? Maman parle à quelqu’un et le son de sa voix est si doux, si agréable. Les sons seuls parlent tant à mon cœur ! De mes yeux obscurcis de sommeil, je regarde fixement son visage, et subitement il devient tout petit, tout petit, pas plus gros qu’un