Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/142

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sage de la princesse, nous ne savions absolument pas ce qu’il fallait faire pour montrer que nous avions fait connaissance.

— Baisez donc la main de la princesse, – fit papa.

— Je vous demande d’aimer votre vieille tante, – dit-elle en baisant les cheveux de Volodia, — sans doute je suis une parente assez éloignée, mais je ne compte pas les liens d’amitié par la parenté, – ajouta-t-elle en s’adressant particulièrement à grand’mère. Mais grand’mère, toujours fâchée contre elle, répondit :

— Eh ! ma chère, compte-t-on maintenant une semblable parenté ?

— Celui-ci sera un homme du monde, — intervint papa en montrant Volodia, et celui-là un poète — ajouta-t-il, tandis que je baisais la petite main de la princesse, en me représentant très vivement cette main armée d’une verge, sous la verge un banc, etc., etc.

— Lequel ? — demanda la princesse en me retenant par la main.

— Ce petit avec les mèches, — répondit papa en souriant gaîment.

« Que lui ont fait mes mèches… n’y a-t-il pas d’autres sujets de conversation ? — pensai-je en m’éloignant dans un coin.

J’avais la conception la plus étrange de la beauté, — je tenais même Karl Ivanovitch pour le plus bel homme du monde ; mais je savais très bien que je