Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/204

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XXVII


CHAGRIN


Le lendemain, très tard le soir, je voulus la revoir encore une fois ; surmontant le sentiment involontaire de peur, j’ouvris doucement la porte et sur la pointe du pied, j’entrai au salon.

Au milieu de la chambre, sur une table, était le cercueil, entouré de cierges allumés posés dans de hauts chandeliers d’argent ; dans un coin reculé était assis un diacre qui, d’une voix basse et monotone, psalmodiait les prières.

Je m’arrêtai à la porte et regardai, mais dans mes yeux il y avait tant de larmes, et mes nerfs étaient si dérangés, que je ne pouvais rien distinguer ; tout se confondait d’une façon étrange : la lumière des cierges, le brocart, le velours, les grands chandeliers, l’oreiller rose garni de dentelles, la petite couronne de fleurs, le bonnet à rubans et encore