Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/22

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nul écrivain, d’aucun pays, ne dépassa jamais. Tout ce que la despotique administration russe a pu inventer pour limiter l’influence de Tolstoï n’a servi qu’à augmenter sa gloire. Et le dernier acte de cette oppression, en plaçant Tolstoï sur un très haut piédestal, le fit « cette ville située sur une montagne qui ne peut être cachée. » Nous parlons de l’excommunication qui n’a fait que séparer Tolstoï de ces ténèbres sur le fond desquelles, avec une clarté encore plus puissante et incomparable, brille son génie.

Selon nous, Tolstoï doit sa réputation universelle à ce qu’au fur et à mesure du développement de sa vie spirituelle, il a, dans ses œuvres littéraires, embrassé de plus en plus le domaine de l’esprit humain, et a atteint cette profondeur d’analyse et de création, d’où, comme de la source générale, découlent toutes les branches de l’intellectualité humaine : la science et la philosophie ; la religion et l’art ; la sociologie et la morale. C’est pourquoi chacune des œuvres de Tolstoï possède un intérêt si captivant, est si répandue, et suscite tant de bruit.

À la science et à l’art il demande d’être accessibles aux masses, d’être utiles aux peuples ; dans la philosophie et la religion, il cherche le sens de la vie ; à la sociologie, il donne des bases morales, et pour la morale il demande l’importance sociale.

La première publication en langue française des