Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/238

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à Philippe de me donner les guides. Philippe m’en donne d’abord une, puis une autre, et enfin les six guides et le fouet passent dans mes mains et je suis tout à fait heureux. Je m’efforce, autant que je le puis, d’imiter Philippe et je lui demande si c’est bien ? Mais la conclusion ordinaire, c’est qu’il est mécontent de moi, qu’un cheval travaille trop et que l’autre ne tire pas, il passe son coude devant ma poitrine et me prend les rênes. La chaleur augmente toujours, les nuages moutonnés commencent à se gonfler comme des bulles de savon, ils s’élèvent de plus en plus haut et prennent une teinte gris-foncé. De la portière de la voiture se montre une main qui tient une bouteille et un petit paquet. Vassili, avec une adresse étonnante, saute du siège de la voiture en marche, et nous rapporte des gateaux, du fromage et du kvass. Sur la pente raide, nous descendons tous de voiture et, par instants, nous courons, en nous devançant, jusqu’au pont, tandis que Vassili et Iakov, enrayant les roues, avec leurs mains, soutiennent la voiture des deux côtés, comme s’ils pouvaient la retenir au cas où elle tomberait. Ensuite, avec la permission de Mimi, moi et Volodia, nous nous installons dans la calèche et Lubotchka et Katenka, vont dans la britchka. Ces changements font grand plaisir aux fillettes, parce qu’elles trouvent, et avec raison, que dans la britchka, c’est beaucoup plus gai. Parfois, pendant la chaleur, en traversant un bos-