Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/237

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


tôt il se met à ronfler et s’allonge si bien dans la britchka qu’il ne reste de place pour personne. Devant moi, de la hauteur que j’occupe, se déroule le tableau le plus agréable. J’étudie nos quatre chevaux, Néroutchinskaia, Diatchok, Levaia corenaia et Apothicaire, la couleur et les qualités de chacun, dans les moindres détails. Pourquoi aujourd’hui Diatchok est-il attelé à droite et non à gauche, Philippe ?… — Je l’interroge timidement.

— Diatchok ?

— Et Neroutchinskaia, elle ne tire pas du tout, — dis-je.

— On pe peut atteler Diatchok à gauche — répondit Philippe, sans faire attention à ma dernière observation. — Ce n’est pas un cheval qu’on puisse atteler à gauche. À gauche, il faut tel cheval, qu’en un mot ce soit un cheval et pas une bête comme celle-là.

Et avec ces paroles, Philippe se pencha à droite, et tirant les guides de toutes ses forces, il se mit à fouetter le pauvre Diatchok, sur la croupe et sur les pattes, bien que Diatchok tirât de toutes ses forces et à lui seul traînât toute la britchka. Philippe ne fait cette manœuvre que lorsqu’il sent la nécessité de se reposer, et on ne sait pourquoi, de rabattre son chapeau d’un côté, bien que jusqu’ici il fût posé très d’aplomb et très solidement sur sa tête.

Je profite de ce moment favorable et demande