Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/269

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— Non, je vous remercie : elle est ainsi grossière parce qu’elle sait que personne, excepté elle, ne peut râper le tabac comme j’aime. Vous savez, mon cher, — continua grand’mère après un court silence, — qu’aujourd’hui vos enfants ont failli faire sauter la maison.

Papa regarda grand’mère avec une curiosité respectueuse.

— Oui, voilà avec quoi ils jouent. Montrez, — dit-elle, s’adressant à Mimi.

Papa prit dans sa main les grains de plomb et ne put s’empêcher de sourire.

— Mais ce sont des grains de plomb, maman, ce n’est nullement dangereux.

— Mon cher, je vous suis très reconnaissante de m’instruire, mais seulement je suis déjà trop âgée…

— Les nerfs, les nerfs ! — chuchota le docteur.

Immédiatement papa s’adressa à nous :

— Où avez-vous pris cela ? et comment osez-vous plaisanter avec de telles choses ?

— Il n’y a pas à les interroger, il faut demander à leur diatka à quoi il s’occupe, — dit grand’mère en prononçant avec mépris le mot diatka.

— Voldemar a dit que Karl Ivanovitch, lui-même, lui a donné cette poudre, — ajouta Mimi.

— Eh bien, vous voyez comme il est bon ! — continua grand’mère. Et où est-il, ce diatka ? Comment l’appelle-t-on ? Envoyez-le ici.