Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/280

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vivant où si mes os sont depuis longtemps dans la terre humide. Oh ! monsieur le sergent, j’ai deux louis cousus dans ma flanelle, prenez-les et laissez-moi partir. Soyez mon bienfaiteur, et maman, toute sa vie, priera pour vous le Dieu puissant. »

» Le sergent but un petit verre de madère et dit : « Monsieur Mayer, je vous aime beaucoup et je vous plains, mais vous êtes prisonnier, et moi Soldat. » Je serrai sa main et dis : « Monsieur le sergent ! Ich druckte ihm die Hand und sagte : « Herr Serjant. »

» Le sergent répondit : « Vous êtes pauvre et je ne prendrai pas votre argent, mais je vous aiderai ; quand j’irai dormir, achetez un seau d’eau-de-vie pour les soldats et ils s’endormiront et moi je ne vous regarderai pas. ».

» C’était un homme bon. J’achetai un seau d’eau-de-vie et quand le Soldat fut ivre, je pris mes bottes, un vieux manteau et doucement sortis de la porte. J’allai aux remparts et voulus sauter, mais il y avait de l’eau et je ne voulais pas abîmer mon unique habit : je me dirigeai vers la porte.

» La sentinelle marchait armée d’un fusil auf und ab [1] et me regarda. « Qui vive ? » sagte er auf ein Mal [2], et je me tus. « Qui vive ? » sagte er zum zweiten Mal [3], et je me tus. « Qui vive ? » sagte er

  1. Sur l’épaule.
  2. Dit-elle une fois.
  3. Dit-elle une seconde fois.