Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/343

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suis arrivé dans mon récit jusqu’à mon rapprochement avec un homme extraordinaire qui eut une influence décisive et bienfaisante sur mon caractère et ma direction.

Ces jours-là, Volodia rentrera à l’Université, déjà des professeurs particuliers viennent pour lui seul, et moi, avec l’envie et le respect involontaire, j’écoute comment en frappant avec la craie sur le tableau noir, il parle de fonctions, de coordonnées, etc., expressions qui me semblent d’une science intangible. Mais voila, un dimanche, après le dîner, dans la chambre de grand’mère se réunissent tous les professeurs, deux professeurs de l’Université, et en présence de papa et de quelques invités on fait une répétition de l’examen de l’Université. Et Volodia, à la grande joie de grand’mère, montre des connaissances extraordinaires. À moi aussi on pose des questions sur certaines matières, mais je suis très faible, et, devant grand’mère, les professeurs tâchent visiblement de cacher mon ignorance, ce qui me confond encore plus. Cependant, on fait très peu attention à moi, je n’ai que quinze ans, c’est-à-dire qu’avant l’examen, j’ai encore une année. Volodia descend seulement pour le dîner, et toute la journée et même le soir, il reste en haut à étudier et non par force mais de son plein gré. Il est très ambitieux et il ne veut pas passer l’examen médiocrement, mais brillamment.

Mais voilà : le jour du premier examen est arrivé