Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/77

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— C’est le cheval pour Vladimir Petrovitch ?

Et quand le cocher répondit affirmativement, elle fit un geste de la main et se détourna. J’étais fort impatient ; je grimpai sur mon cheval, je regardai entre ses oreilles, et je fis dans la cour diverses évolutions.

— Veuillez ne pas écraser les chiens, me dit l’un des chasseurs.

— Sois sans crainte, ce n’est pas mon premier essai, — répondis-je fièrement.

Volodia monta sur le « cheval de chasse » et, malgré la fermeté de son caractère, ce ne fut pas sans un certain tremblement ; et, tout en le caressant, il demandait de temps en temps :

— Est-il doux ?

À cheval, il était vraiment très beau — comme un homme. Ses cuisses serrées faisaient si bien sur la selle, que j’en étais envieux, d’autant plus qu’à en juger par mon ombre, j’étais loin d’être aussi beau.

Enfin, on entendit les pas de papa dans l’escalier ; le piqueur rassembla les lévriers courants, les chasseurs appelèrent les autres chiens et montèrent sur leurs chevaux. Le palefrenier amena le cheval devant le perron ; les chiens de la meute de père, qui tout à l’heure étaient couchés en diverses positions pittoresques près du cheval, s’élancèrent autour de papa. Derrière lui, courant gaîment, Milka, dans son collier de perles, faisait