Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/191

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V

— Mais, parle-moi un peu de toi, — dit Jules. Je vois que tu accompagnes cette belle jeune fille, et si j’en juge par les apparences, tu vis près d’elle et travailles avec elle. Ne désires-tu pas devenir son époux ?

— Je n’y ai pas pensé, répondit Pamphile. Elle est la fille d’une veuve chrétienne. Je les assiste comme le font les autres. Tu me demandes si je l’aime au point de vouloir m’unir à elle ? Cette question m’est pénible. Mais je te répondrai loyalement. J’ai eu cette pensée, mais il y a un jeune homme qui l’aime aussi, c’est ce qui fait que je n’ose penser à cela. Lui aussi est chrétien ; il nous aime beaucoup tous les deux, et je ne puis pas faire une chose qui lui soit pénible. Je vis sans penser à cela. Tous mes désirs n’ont qu’un but : remplir la loi de l’amour envers les hommes.