Page:Tolstoï - Scenes de la vie russe.djvu/6

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POURQUOI L’ON TIENT À LA VIE


I


Un cordonnier était avec sa femme et ses enfants en loyer chez un paysan. Le pauvre artisan ne possédait rien ; il gagnait à la sueur de son front le pain de chaque jour. Le pain était dur, le travail peu payé, et ce qu’il en retirait avec beaucoup de peine ne faisait que passer de la main dans l’estomac. Lui et sa femme n’avaient qu’une seule fourrure pour tous deux ; elle était usée et en loques. Il y avait deux ans déjà que le cordonnier attendait de pouvoir acheter une peau de mouton pour en faire une nouvelle pelisse.