Page:Tony Moilin - Paris en l'an 2000 - Librairie Renaissance et l'auteur - 1869.djvu/93

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les gâter horriblement en se soumettant à tous leurs caprices. Les pères agissent exactement de même, et sont, s’il se peut, encore plus faibles et plus débonnaires. Quant à instruire l’enfant, à le diriger dans ses études ou dans le choix d’une profession, ni le père ni la mère n’y songent, et ce soin est entièrement laissé aux professeurs et aux directeurs des établissements d’instruction publique.


Dans la République de l’an 2000, la prostitution n’existe pas, chaque femme trouvant une occupation lucrative si elle peut travailler, et des secours si elle est incapable de gagner sa vie. Mais si parmi les Socialistes, on ne peut pas rencontrer une seule prostituée proprement dite, par contre on y voit nombre de femmes, dites légères, qui ne se piquent ni de vertu ni de constance, et qui sont aussi faciles à séduire que difficiles à conserver fidèles. Ces sortes de femmes semblent avoir pris à tâche de lutter de mauvaises mœurs et de coquineries avec les hommes qui les courtisent, et on doit leur rendre cette justice qu’en ce genre de combat leur supériorité est éclatante.

Cependant, au bout d’un certain temps, elles se fatiguent de cette vie de désordre ; elles se mettent alors à vivre avec leur dernier amant, à qui elles sont très-fidèles, et, quand ces unions ir-