Page:Topffer - Nouvelles genevoises.djvu/168

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raisonneur, esprit flottant, être faible, travaillé de passions, ou tout entier à ses besoins, il n’a ni le temps ni la force d’être atroce ou sublime… Toutefois, suivez ce troupeau, observez ceux qui s’isolent pour lui être bienfaisants ou funestes ; vous y rencontrerez, parmi les plus convaincus, les plus énergiques aussi, et vous les verrez marcher à la vertu sans orgueil, ou aux forfaits sans remords.




Pourtant, pauvre couplet, je ne t’en veux pas, tu ne songeais point au mal ; il est bon de boire, il est bon de chanter ; la joie élargit le cœur. Sous la treille, au bruit des flacons, c’est au grave, à l’austère de se retirer, et tu arrives alors, porté sur les ailes de la gaieté et de la folie.

Est-ce ta faute si quelques refrains échappés de dessous ce feuillage vinrent frapper l’oreille d’un jeune enfant qui gravissait la côte en compagnie de son oncle ?

Nous nous retournâmes. Mon oncle Tom, bien que pour son compte il s’abstînt de boire du vin, aimait à voir les bonnes gens oublier, autour de quelques verres, les soucis et les travaux de la semaine. Il n’était pas dans ses habitudes de partager ces banquets, mais il se récréait à les considérer ; la gaieté en arrivait jusqu’à lui, et ses traits s’animaient d’un bienveillant sourire.

Aussi, le dimanche soir, je me promenais sur ses pas, non point aux lieux publics, non point aux solitudes écartées, mais autour de ces treilles qui, aux environs de la ville, ombragent les familles du petit peuple.




Maintenant, j’y vais encore ; parfois j’y figure, soit