Page:Toulmouche - Histoire archéologique de l'époque gallo-romaine de la ville de Rennes.djvu/24

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En outre, celles en argent de familles consulaires trouvées en assez grand nombre, n’étaient probablement plus en circulation comme monnaies courantes, mais conservées comme monumens ou titres d’illustrations dans certaines familles et destinées par les Gaulois ou les Romains les plus riches à servir d’offrandes propitiatoires ou expiatoires. Il dut en avoir été également de même d’un certain nombre de pièces votives d’empereurs et d’impératrices, de fibules, d’agrafes, de cure-oreilles, d’épingles, de boucles, de fragmens d’ornemens, d’instrumens de toilette, etc.

Enfin, ajouterai-je, que quelques étymologistes de facile composition, ont cru trouver dans la dénomination du Pré-Botté, donnée à la partie de la rive gauche de la Vilaine, située en face de ce point de la rivière, le long de laquelle on a également trouvé un certain nombre de monnaies romaines, une altération de Pré-de-Beauté, qui aurait été, suivant eux, la primitive appellation de cet endroit consacré à des bains, et dont on aurait fait Pré-Beauté, et enfin par abrévation, Pré-Boté. Je pense que chacun fera bon marché d’une semblable opinion, et, pour ma part, je laisse à des philologues plus compétens que moi, le soin de décider à cet égard.

Deuxième Opinion.La circonscription très-limitée du point de la rivière dans lequel ont été rencontrées tant de pièces, pourrait-elle avoir été un endroit servant de débarcadère aux embarcations romaines chargées du numéraire de la caisse militaire, affecté aux légions d’occupation, dont quelques-unes auraient coulé par avarie, combat ou incendie ?

Quelques faits sembleraient, au premier, abord, militer en faveur de cette opinion, mais un assez grand nombre d’autres l’infirment d’une manière bien complète.

Ainsi lo on a bien rencontré çà et là, soi-disant, dans les sables même qui renferment les pièces, des pieux volumineux ou pilôtù, en travers du fond de la rivière et bien au-dessous de la limite de ceux très-modernes de fondation des murs du couvent des Ursulines, lesquels, dit-on, pourraient bien être les vestiges d’un lieu de débarcadère pour les transports romains ; mais c’est un fait mal observé. Car, j’ai vérifié que les premiers n’étaient enfoncés que dans les sables gris superposés à ceux