Page:Tournefort Voyage Paris 1717 T2.djvu/87

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vent du secours dans la bourse de leurs voisins, et dans les fonds des parroisses. Les Turcs ne bornent pas là leurs charitez, comme le remarque Leunclaw. Ils employent leur argent à faire réparer les grands chemins, à y faire conduire des fontaines pour le soulagement des passans ; ils font bâtir des Hôpitaux, des Hôtelleries, des Bains, des Ponts, des Mosquées.

Quoique les plus belles Mosquées soient à Constantinople, à Andrinople, à Bursa ou Pruse, on trouve la même distribution de bâtimens dans celles des principales villes, et une cour où il y a des eaux pour faire les ablutions. Le corps de la Mosquée est ordinairement un dôme assez propre, l’interieur en est tout simple, et l’on ne voit sur les murailles que le nom de Dieu écrit en Arabe. La niche où est l’Alcoran est toûjours tournée du côté de la Méque ; et la dédicace des plus célebres Mosquées se fait en y attachant une piece de quelque etoffe qui a servi de portiere à la Mosquée de la Méque. La moindre Mosquée a un minaret ; celles d’une mediocre beauté en ont deux : s’il n’y en a point, le Muezin se place devant la porte, il met ses pouces dans les oreilles, et se tournant vers les quatre parties du monde, il annonce les heures de la priere. Ce chantre sert de cloche, de quadran et d’horloge ; car dans toute la Turquie il n’y a que des montres de poche. Le service de ces Eglises est uniforme ; tous les officiers dépendent du Curé, qui en qualité de premier ministre préche et fait faire les prieres. Quelque beau que soit le pavé d’une Eglise, il est toûjours couvert d’un tapis ou d’une natte. Pour ce qui est des revenus des Mosquées, il est certain qu’il n’y en a point de pauvres ; la pluspart sont tres-riches, et l’on prétend que l’Eglise possede un tiers des terres de l’Empire. Orcan II. Empereur Othoman changea les Eglises grecques en Mosquées : ses succes-