Page:Traitté du jeu royal des échets (Benjamin Asperling de Rarogne).pdf/11

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ces entre-deux. Ainſi les Tours ſont tantôt ſur le blanc, tantôt ſur le noir, avantage que les fous n’ont point. Les Tours ont encore un avantage tout particulier ; c’eſt que ſi elles n’ont point bougé de leur place ; lors que le Roy fait ſon ſaut dans la ligne des pieces nobles, on peut en même temps & d’un seul coup les joindre au Roy de l’autre côté, ce qui s’appelle rocquer. Par ce moyen l’on ſort ordinairement les Tours en bataille.

10me.

La Reine marche comme les Fous & comme les Tours & prend de même en avançant & reculant comme bon lui semble ; pourvû que ce ſoit toûjours en ligne droitte, & qu’il n’y ait aucune de ſes pieces entredeux.

11me.

Le Roy marche de tous côtez & recule comme il veut ; mais toujours pas à pas & jamais plus viſte ; excepté le premier coup qu’il ſe remue, pourvû que ce ſoit librement & ſans violence d’Echet : Car alors il peut faire 2. pas de toutes ſortes de façons ; ou comme le pion, ou comme le chevalier, ou comme les autres pieces : ce qui eſt le caractere de la Royauté ; & cela s’appelle faire ſauter le Roy. Lors qu’il ſaute dans la ligne des pieces nobles, & qu’il n’y a point de piece entre luy & la Tour, l’on peut d’un ſeul coup le faire ſauter, & luy joindre la Tour de l’autre côté, ce qui s’appelle rocquer. Iamais les deux Roys ne peuvent ſe toucher ; il y doit pour le moins toujours avoir une caze entre-deux. Enfin le Roy ne peut point prendre de piece en ſautant, mais hors de cela il peut prendre tout ce qui le touche,

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