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ADA ADA ADD


de la terre, & le second homme est le céleste descendu du Ciel. Port-R.

Quelques Grecs interprètent cabalistiquement le nom Adam, & disent que A, signifie ἀνατολὴ, l’orient ; D, δύσις, le couchant :A, ἄρϰτος, le septentrion : M. μεσημβρία, le midi ; parce qu’il étoit Roi des quatre parties du monde, où qu’il devoit les peupler, & les remplir, ou qu’il étoit un petit monde, μιϰρόκοσμος.

ADAMA. Adama. Les traducteurs de Genève, & les Desmarets prononcent Adma, gardant les voyelles & la prononciation hébraïques. C’est une ville de la Pentapole, proche de Sodome & de Gomorrhe, & qui fut consumée avec elles par le feu que Dieu fit pleuvoir sur ces villes infames. Les limites de Chanaan furent depuis le pays qui est en venant de Sidon à Gerara, jusqu’à Gaza, & jusqu’à ce qu’on entre dans Sodome, dans Gomorrhe, dans Adama, & de Séboin jusqu’à Lésa. Sacy.

ADAMITES. s. m. Ce sont d’anciens hérétiques, qui ont voulu imiter la nudité d’Adam, comme si l’homme avoit été rétabli dans l’état de l’innocence originelle. Adamitæ. Ils assistoient tout nus dans les temples, & se joignoient publiquement avec les femmes. S. Epiphane, S. Augustin & Isidore en font mention. Prodicus fut auteur de la secte des Adamites, au rapport de Théodoret. C’étoit une branche des Basilidiens & des Carpocratiens. Ils enseignoient les mêmes erreurs. Cette secte se renouvella vers le commencement du XVe siècle. Leur chef s’appeloit Picard. Il passa de Flandre en Allemagne. Il prétendoit rétablir la loi de la nature, qui, selon lui, consistoit en deux points ; la communauté des femmes, & la nudité. Ces derniers marchoient nus dans les places publiques, au lieu que ceux dont parle S. Epiphane, & qui ne subsistoient plus de son temps, ne se dépouilloient de leurs habits que dans leurs assemblées. Il y a des Adamites, en Angleterre, qui font leurs assemblées de nuit, & qui ont pour devise ce vers latin :

Jura, perjura, secretum prodere noli.

Jure, parjure, & ne découvre point le secret. Jovet. Il y en a aussi en Allemagne qui vont nus, & refusent les habits qu’on leur présente, affectant l’innocence & la sainteté d’Adam. Ils vont errant dans les bois, rapportent le commencement de leur secte à Adam & à Eve, faisant gloire d’être appelés leurs enfans. Quelques-uns disent Adamiens ; Adamites est plus en usage.

ADAPTATION. s. f. Action par laquelle on applique une chose à une autre. Accommodatio. L’Adaptation d’un récipient au chapiteau d’une cornue. On ne le dit guère que dans le dogmatique.

ADAPTER. v. a. Appliquer, ajuster, accommoder une chose à une autre. Accommodare. Ce vers de Virgile lui a été bien adapté. Cette comparaison est ingénieuse, mais elle est mal adaptée. On s’en sert principalement en pratique. Le créancier est en droit d’adapter les premiers payemens sur les arrérages, & non sur le capital. Ce mot vient du Latin, & est composé de ad & aptare. On s’en sert aussi en Chimie, en parlant des distillations. Adapter un récipient au chapiteau.

Adapter, en Architecture, c’est approprier une saillie, ou un ornement à quelque corps.

Adapté, ée, part. & adju. Accommodatus.

ADAR. s. m. Adar. Dernier mois, ou dernière lunaison de l’année hébraïque, ou juive, comme il est dit dans Esther xvi. 20. Ce nom ne se trouve point avant ce temps-là dans les Livres de l’Ecriture ; les Juifs l’avoient pris des Babyloniens. Les Hébreux d’abord ne donnèrent point de noms à leurs mois : ils disoient, le premier, le second, le troisième mois, &c. comme on le voit dans les Livres de Moyse, & dans beaucoup d’autres endroits. Dans la suite, quand ils eurent plus de commerce avec leurs voisins, ils empruntèrent d’eux les noms des mois. C’est dans l’histoire de Salomon, III. Reg. vi. i. 38, que nous trouvons pour la première fois des noms propres de mois. Ce Prince introduisit bien des coutumes étrangères ; il paroît même que l’usage ne s’en établit pas encore trop bien ; car nous n’en trouvons qu’en ce seul endroit, & deux seulement, Zio, & Bul. Mais pendant la captivité de Babylone, les Juifs prirent des Chaldéens les noms des mois, & nous en trouvons plus communément depuis ce temps-là. C’est de là que vint celui d’Adar. Comme les Juifs avoient le cycle de 19 ans, & un mois intercalaire de temps en temps, il y avoit ces années là deux mois Adar. Le premier Adar étoit de 30 jours ; le second n’en avoit que 29. Les années communes, ou non intercalaires, Adar n’avoit encore que 29 jours. Les années du cycle de 19 ans, qui avoient deux Adar, étoient la 3e, la 6e, la 8e, la 11e, la 17e, & la 19e. Voyez le Calendrier hébraïque de Munster, & celui qu’a donné Bartholocci dans la Biblioth. Rabbin. T. II. p. 302 & suiv.


ADARCA. s. f. Ecume salée qui s’amasse dans les marais pendant la sécheresse. Adarca & Adarce. Cette drogue est séche, & tellement chaude, qu’elle a une vertu caustique. L’Adarce est âcre : on se sert de adarce pour les dartres ; on mêle l’Adarce avec de la graisse.

ADARGATIS, ou ADERGATIS, ou ATERGATIS. s. f. Nom d’une Divinité des Syriens, dont ils faisoient la femme du Dieu Adad, & que Selden, de Diis Syriis Syntagm. II. C. 2, croit avoir été le même que le Dieu Dagon, dont les Européens, par corruption, ont fait Adirdaga, Atergatis, Adergatis, Dercéto ; & même Argatis, qui se trouve dans Tertullien. adv. Nation. L. II. C. 8. Dans ce sentiment il faut dire que Adargatis s’est formé de Adar, grand, magnifique, & de Dagon.

ADARIGE. Quelques Chymistes donnent ce nom au sel Ammoniac. Harris.

ADD.

ADDAD. s. m. C’est le nom que les Arabes donnent à une racine d’herbe fort amère, qui se trouve en Numidie, & par toute l’Afrique, & qui est si vénéneuse, que 30 ou 40 gouttes d’eau distillées de cette racine, sont capables de faire mourir une personne en une heure. Ablanc. Trad. de Marmol, L. VII, C.i

AdDITION. s. f. Augmentation, adjonction, supplément, action par laquelle on ajoûte une chose à une autre. Adjectio. Quand il s’agît de l’Ecriture-Sainte il ne faut faire aucune addition au texte. de peur de le corrsmpre, ou d’en altérer le sens. On dit en Physique, que tous les corps naturels fe forment par addition de parties.

{{sc|Addition]] se dit aussi de la chose ajoûtée qui sert à en amplifier une autre. Additamentum, Accessio, Adjunctio. Les additions marginales d’un tel Livre sont excellentes. La plûpart des Auteurs qui font réimprimer leurs Livres, y font des additions & des supplémens : ils font souvent des additions superflues, au lieu de retrancher l’inutile.

Addition, en termes d’Arithmétique & d’Algèbre, est la première des quatre règles fondamentales de ces sciences : elle fait trouver la somme totale que composent plusieurs nombres, ou quantités particulièrement ajoutées ensemble. Additio. On arrange ces nombres les uns sous les autres ; ensorte que les nombres simples soient sous les nombres simples, les dixaines sous les dixaines ; ce qui forme plusieurs colonnes. On commence à compter par la dernière colonne, de haut est bas. Si les nombres de cette colonne étant assemblés n’excèdent point le nombre de 9, il faut marquer sous cette ligne, dans le rang de la même colonne, le nombre que vous avez trouvé. S’ils excèdent le nombre de 9, il faut marquer sous la même colonne le nombre qui excède, & retenir l’autre pour transporter à la colonne suivante, & le joindre avec ceux de cette colonne, comme étant de même valeur. Roh. Le nombre qui résulte de l’addition, de l’assemblage de ces nombres, s’appelle la somme.

Exemples d’additions Arithmétiques.
16 34 756 5789 9356
72 68 382 3452 13700
88 102 568 7898 78250
1706 3257 97662
20396 15628
298496

Si les nombres sont de différentes dénominations, par exemple, de livres, de sous & de deniers, il faut ajouter ensemble tous ceux d’une même dénomination, en commençant par la plus basse ; & si après l’addition il y en a


assez pour faire un nombre d’une dénomination plus haute ; par exemple, assez de deniers pour faire un, ou plusieurs sous, il faut les ajouter aux chiffres de cette dénomination ; c’est-à-dire, aux sous, & ne retenir pour les deniers que les nombres qui ne montent pas jusqu’à douze, & ne peuvent par conséquent faire un sou ; & ainsi des sous par rapport aux livres. Exemple.

135l 12s 8d
95 11 2
234 14 7

9, 2, & 8, font 19 : deniers : dans 19 il y a une fois douze, qui fait 1 sou, plus 7 deniers. Il faut marquer 7 d. & retenir 1 s. pour le joindre à la colonne suivante, qui sont des sous. Ainsi 1 & 5 & 1 & 7 font 14. Je mets 4 & retiens 1 pour la colonne des dixaines 1 & 1 & 1 font trois dixaines de sous, ou 30 s. Dans 30 s. il y a une fois 20 s. qui font une livre, plus 10 s. J’écris 1 dans la colonne des dixaines de sous, & je retiens 1 pour la colonne des livres ; & je continue l’addition des livres, selon les règles précédentes.


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