Page:Tsubouchi - Ourashima.djvu/45

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Car si elle décroît, c’est à cause de l’ombre des planètes.

Si elle est cachée, c’est la faute du nuage.

Elle seule, je l’admire et l’aime. Hélas ! c’est elle, la lune si belle, qui me la rappelle, l’étrange vision, et me fait souffrir.

(Il se lève et se jette violemment par terre. La lune décline. Le bruit des vagues est de plus en plus fort. Et le ciel est menaçant, car la tempête arrive. Le père sort de derrière le pin, la mère le suit et tous deux s’avancent vers Ourashima.)

le père

Eh bien, lèveras-tu la tête ?


ourashima

C’est vous, mon père ! et vous aussi, ma mère !

(Il se lève.)

le chant (l’air d’Itchu)

C’est curieux, comme il bat étrangement, mon cœur !

(Ourashima cherche d’abord à s’enfuir. Son père l’arrête.)

le chant (l’air de Takémoto)

Les yeux d’un ingrat tel que toi reconnaîtront-ils le visage de ton père et de ta mère ?


le père

Te voilà de retour et tu n’implores pas le pardon de ta faute : tu l’aggraves ainsi. Je voudrais t’en blâmer, mais