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humaine qui s’afflige. À l’écouter, mon cœur se brise.

(Ourashima se lève en chancelant.)

le chant (l’air d’Itchu)

Pour la première fois, j’éprouve une insoutenable tristesse d’avoir quitté le sol natal. Je pleure et voudrais revoir mes parents. Mon cœur, tout plein de leur souvenir, ne cesse de crier vers eux.

(Ce chant est accompagné des gestes d’Ourashima.)

ourashima

Et puis, je ne veux plus goûter seul cette joie profonde. Si vous me permettiez de vous quitter pendant quelques jours, je ramènerais ici ensuite mon père et ma mère.

(Otohimé qui était demeurée silencieuse, les yeux baissés, lève la tête et dit lentement.)

otohimé

Vos paroles manquent de sagesse. Ici, loin du monde humain, vous pouvez goûter une joie pure et sans mélange. Mais à peine aurez-vous mis le pied sur la terre et touché des choses impures que ces plantes vertes comme l’émeraude, ces fleurs d’argent se faneront et se dessécheront. Ce palais même disparaîtra pour vous.