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la chanson (l’air d’Ohiwaké)

  Surtout s’il fut un peu fou,
  Et plus encore s’il est un ingrat.


(Brusquement, le dos de la vieille femme surgit devant Ourashima penché sur l’escalier pour accompagner les danseurs du regard. Pendant qu’il contemple cette vision, un vieil homme apparaît aussi ; à l’extrême limite de la vieillesse, il garde la noblesse de son attitude. Vêtu tout de blanc, il marche tristement, tête baissée, les bras croisés, à la suite de la vieille femme.)
(Ourashima jette un cri ; les parents se retournent et l’aperçoivent. La mère veut courir vers lui, le père la retient.)
(L’expression et les gestes des deux vieillards sont les mêmes qu’au premier acte.)
(Le visage de la mère s’empreint de tendresse et de douleur ; le père laisse voir ses regrets et la lutte de l’amour et de la dignité paternelle dans son cœur. Ourashima se précipite vers l’escalier et s’écrie.)

ourashima

Ô ma mère et mon père !

(À peine a-t-il poussé ce cri qu’il chancelle et tombe au bas de l’escalier. Le vieil homme et la vieille femme s’effacent subitement.)
(Les danseurs effrayés se dispersent. La musique cesse. La scène s’éclaircit. La mer et le ciel sont apaisés.)
(Otohimé et ses suivantes descendent l’escalier pour aller vers Ourashima. Les femmes s’empressent autour de lui et le transportent à l’intérieur du palais, aux fenêtres et aux portes duquel les rideaux se baissent lentement d’eux-mêmes.)
(La musique reprend un air qui évoque toute la tristesse de la solitude. Le palais s’évanouit lentement.)