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époque elle avait quitté la scène parisienne. On pourra nous objecter que M. Audibert, ne pouvait être son amant, puisque les dictionnaires biographiques le font naître en 1797, c’est-à-dire onze ans après la naissance de Marceline. Voici notre réponse : Nous savons à quoi nous en tenir sur le crédit qu’il faut accorder à ces compilations qui se copient les unes les autres et qui pour la plupart fourmillent d’erreurs. Pour nous, et jusqu’à preuve du contraire, cette date de 1797 est fautive et c’est celle de 1787 qu’il faut lire. D’un autre côté, l’annotateur est trop précis pour avancer un fait de cette importance sans avoir eu des raisons sérieuses pour le consigner sur une lettre de cette nature, alors que Marceline Desbordes-Valmore était vivante[1].

10 Juillet 1896.

  1. M. Benjamin Rivière a fait précéder la correspondance intime de Marceline Desbordes d’une notice biographique dans laquelle il dit ceci : « Elle naquit dans une maison d’humble apparence, rue de Valenciennes, à Douai ; une plaque commémorative placée près d’une niche vide de sa statue (?) perpétue ce souvenir. »

    La plaque commémorative dont il parle est placée sur la maison Leclerc, rue de Valenciennes, no 32, alors qu’elle devrait être au no 36 où Marceline est née. Comment se fait-il que le savant bibliothécaire qui par sa fonction a sous la main tous les documents désirables, n’ait pas fait connaître en temps utile à la municipalité cette erreur regrettable qui fait passer les édiles de l’Athènes du Nord pour des ignorants ? Il a fallu que le savant archiviste de Douai (qui n’est pas officier d’académie) attache le grelot pour l’obliger à faire des recherches à ce sujet.

    En effet, quelques jours après l’inauguration de la statue de Marceline, il a été obligé de reconnaître dans une nouvelle notice biographique placée en tête de quelques poésies patoises de la muse douaisienne, que c’est dans la maison habitée par M. Dumarchez qu’elle a vu le jour.